Parrainage

lundi, septembre 29, 2008

100 km de Millau



In short…

Toujours le même mot à l’issue de ce genre d’épreuve « FINISHER ».
Terminer, le faire, c’est ce qui compte avant tout ! L’objectif de temps n’est que secondaire : je termine le marathon en 4h09 et les 100km en 11h03. Avant de partir, pas d’objectif formel, le chiffre tout rond des « 12heures » me paraissait jouable (j’avais fait 8heures à la SaintéLyon en décembre dernier…1300m en D+ & 69km contre 1000m en D+ & 100km à Millau…)

Le parcours

Les 100km de Millau constitueraient la Mecque des cents bornards…
Une institution vieille de 1972, 100% bitume, deux boucles, la première de part et d'autre du Tarn, la seconde un AR à Saint Affrique avec les cotes de Creissels et de Tiergues. Très beau parcours.


La course

Départ donné le samedi à 10heures. Ambiance locale très chaleureuse : une petite fanfare nous amène au point de départ ! Beaucoup de monde dans cette petite rue de Millau. Les conditions sont idéales : un soleil dégagé, pas de vent et une température légèrement fraiche.
Par chance je me retrouve tout prêt de la ligne de départ. Une fois lancé, je suis surpris, tout le monde me double ! Je garde mon rythme, environ 10km/heure, à tenir sur la première boucle.
Au bout de 7km, les coureurs sont rejoins par leurs « suiveurs », mon père est là, en vélo avec tout ce qu’il faut pour me ravitailler ! J’en profite pour boire un peu d’Hydrix, sorte de potion magique énergétique…Mais je compte surtout sur une hydratation régulière, je cours avec une mini gourde.
Vers le 11km, je suis rattrapé par les meneurs d’allure : je décide de me caller sur les deux meneurs visant les « 11heures ». Notre meneur d’allure adopte la technique dite « Cyrano » (il vient de Bergerac…) : il propose de faire des pauses régulières, de marcher dans les cotes et de soutenir le rythme le reste du temps. On lui délègue donc totalement la gestion de la course : il court, on court, il s’arrête, on s’arrête… ne pas avoir à gérer son allure est un avantage indéniable ! Nous sommes environ une petite quinzaine à le suivre. Pour autant, au 35ième km, notre meneur s’arrête, mais ne semble pas repartir…pour le coup, on continue…et je me détache progressivement des autres coureurs. La fin de la première boucle et retour vers Millau se passe sans accros. En entrant dans la ville, on retrouve les encouragements du public ; je me surprends même à entendre un « allez Thomas » ! [une dame avait imprimé la liste des participants…]. Le marathon est bouclé, mais il faut quand même repartir…
Dès la sortie de Millau, en entamant la seconde boucle, on mesure la difficulté : au loin, le viaduc…et la première vraie cote ! Tout le monde marche, alors je marche ! (marche active quand même 6.5 km/h). En haut, le panneau « 50km », bon, ok, on a fait la moitié !


La descente est assez reposante, je me ménage beaucoup avec une allure de 10-11km/h. En bas, je prends 5 minutes au stand de ravitaillement, je trouve une chaise, je m’étire un peu, inspection des pieds, la crème Nok tient bon, pas d’ampoules ou autre échauffement. Je repars, toujours motivé. J’attaque un faux plat qui nous mènera jusqu’à la cote de Tiergues : là, on croise le premier qui déboule à vive allure ! Il me reste 35-40 km à parcourir, il lui en reste 20 ![il mettra 8h05]
Ensuite, c’est la descente vers Saint Affrique, point de retour de la seconde boucle! Arrivée dans le village, je prends encore le temps de me reposer, il me reste 30km. Au moment de repartir, je retombe sur le meneur des 11heures ! Un vrai choc, car je pensais vraiment les avoirs distancés ! Je me rappelle alors que dans la méthode Cyrano, il faut aussi en envoyer dans les descentes ! ce que j’ai manqué de faire ! Je repars donc avec le meneur d’allure et les 4 autres personnes qui le suivent.
A peine 5km plus tard, en pleine montée, une douleur au pied ! une ampoule ! En un instant, je me dis que c’est terminé ! que je ne vais pouvoir continuer à avancer ! Mais je me ressaisis, je me pose sur le bas coté et enlève la chaussure…je vois cette petite ampoule que je décide de percer avec les épingles à nourrice du dossard ! [très Rambo style…]. Je repars, je sens encore un peu la douleur, mais elle s’efface vite…ouf !
On arrive rapidement en haut de la cote de Tiergues ; selon notre meneur, on a 5minutes de retard…Je décide de tout envoyer dans la descente, mes cuisses prennent chers ! Je dépasse une dizaine de coureurs…En bas, il reste 15km à parcourir ; je profite du peu de monde au ravitaillement pour bénéficier d’un massage éclair !
Je repars, ultime montée, marche active, la nuit commence à tomber et il fait de plus en plus froid…
Les 5 derniers km sont terribles, et les plus longs ! Je n’ai plus la force d’accélérer en descente. Les 2 derniers km sont dans Millau, il est 21heures, de part et d’autres des rues, on nous encourage…j’arrive juste à avancer d’un pas régulier…jusqu’à l’arrivée ! Je termine 180ième sur 1248.

L’entrainement

J’ai commencé l’entrainement mi juillet, soit 2mois et demi avant la course. En moyenne hebdo, je tournais à 4-5 séances (2-3 en semaine) et 2 le weekend.
Les soirs de semaine, les sorties durait 75 à 130 minutes, rythme très calme, partant d’Opera et visant le grand lac du bois de Boulogne (parfois des détours vers Montmartre et ses marches…). Autant dire que quand je rentrai chez moi vers les 23heures/23heures30 je n’étais pas couché avant 1heure du mat’ !! Forcement…bouillonnant d’hormones et tout excité…
Les weekends, au moins un semi, la plupart du temps jusqu’au parc de Sceaux, le long de la coulée verte. J’ai aussi testé les sorties « hybrides » : une heure de natation, une heure de course… une bonne façon de courir « sous la fatigue ».
Pic de l’entrainement : les 3 jours autour du 15 aout ; invité par Sly aux Arcs pour participer au Trophée Sylvain Cacciatore, course d’un peu moins de 10km, en altitude et qui ne fait que monter (400m de D+!) J’y ai fait le plein de globules !

Les chieurs

Les voitures dans Millau
Les motos qui filment les pelletons de coureurs…mais qui balancent tout leur gaz d’échappement par la même occasion!
Les fumeurs…ils ont beau nous encourager, on reste agacé par leur rejet de fumée…surtout qd c'est au ravito!!


"mais pourquoi tu cours ?"

La classique !
Deux raisons, immuables et très individualistes.
Primo, le dépassement de soi. En suis-je capable ? Ce qui me motive c'est le défi perso!
Secondo, ben c’est physiologique… je suis addicted, un drogué ! Tous les coureurs connaissent bien cette sensation de bien-être après l’entrainement (les fameuses endorphines).

Amazing !!

Christian nous le rapportait dans un recent post...

"it is amazing how human being find the energy to sprint".

Je n'ai pas compris comment mes jambes ont réussi à se soulever si haut et si fort, mais avec la foule et les derniers encouragements, j'ai sprinté les 250 derniers mètres.

Cette capacité du corps humain m'étonnera toujours...

Special thanks

A mes parents, pour m'avoir accompagné!
A mon ipod!
A Sly, pour m'avoir accompagné et soutenu, notamment lors des entrainements nocturnes
A Chris, pour ses "Run demain matin 6h20?"


Lecon d’humilité

La veille, une radio locale nous rappelait que s'élancerait encore cette année un monsieur de 64 ans, pour qui cela serait la 30ième édition. Par chance, j'ai croisé son chemin, il visait les 11heures, on suivait le même meneur. Musclé sec, short et bandeau dans les cheveux façon 70s, il courait sans suiveur, sans sac, ni gourde ou autre artifice...

Impressionnant ce petit homme.


What next ?

[faire la fête !!!]

L’UTMB 2009 ? Ne reste plus qu’à se qualifier !!

Accompagner des escp-eap runners sur la SaintéLyon 2009 [Sly ou Chris, on se le fait à deux ou trois ?]

3 commentaires:

Christian a dit…

Congrats Thomas, excellent...

Je suis très très admiratif, 100km ça semble tout simplement impossible, déjà 42km on passe pour des fous et on se dit qu'on est en train de se détruire... mais 100km.

Toutes mes félicitations et avec plaisir pour une petite sortie pour la saintelyon !
Mais le vrai next step, c'est Londres 2009, il va falloir faire un sacré temps, en plus Hailé vient encore de descendre le précédent record !

Nicolas a dit…

BRAVO Thomas!

Hallucinant! Félicitations!
L'Iron Man est une épreuve folle mais les 100 kms sont, je trouve, encore plus impressionnants!
Merci pour cet exposé très instructif!
Faire ce genre d'exploits nécessite de faire des efforts et des sacrifices au préalable et de disposer d'une force de caractère hors du commun!
Chapeau!

Nicolas

Sly a dit…

Bien joué petit scarabée !

Je savais que tu y arriverais.
La machine.
Tu vas pouvoir te coller une grosse tôle, maintenant. Et ça n'est pas moi qui t'en empêcherait.